Pendant au moins cinq mois, d'août 2004 à janvier 2005, l'incinérateur de d'Arrabloy(Loire), qui traite les ordures ménagères de la communauté de communes de Gien, a craché des taux de dioxines de 2000 à 6800 fois supérieurs à la norme fixée par la législation. L 'information est tombé en catimini le 30 mai sur le site du ministère de l'?cologie et et du développement durable qui y publie chaque année le résultat des mesures de dioxines et de furannes à la sortie des cheminées des usines d'incinération d'ordures ménagères en France.
Pour l'industriel Tiru, propriétaire du site de Gien, la préfecture du Loiret, et l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, cette situation anormale n'aura aucun impact sanitaire. La dioxine a été rejetée sous forme gazeuse,elle s'est diluée dans l'air sans contaminé la chaîne alimentaire.
- Août 2004, premier prélèvement l'incinérateur émet 221 nano gramme de dioxine par m3 ces résultat surprenant n'ont cependant pas déclenché l'alerte.
- Décembre 2004, deuxième prélèvement l'incinérateur émet 308 nano gramme de dioxine par m3 .
- Janvier 2005, troisième prélèvement l'incinérateur émet 680 nano gramme de dioxine par m3 soit 6800 fois la norme autorisée.
L'industriel, la préfecture et le ministère de l'écologie ne s'inquiète pas outre mesure."Les mesures dans l'environnement ne montrent rien d'anormal, même si, c'est vrai, relâcher des dioxines dans l'atmosphère n'est pas bon pour l'environnement"
Polluer, polluer il en restera toujours quelques choses !
Pollution. Une nouvelle analyse confirme les dégâts provoqués par l'incinérateur défectueux. Les oeufs à la dioxine de Gien
Par Mourad GUICHARD
jeudi 01 septembre 2005 (Liberation - 06:00)
Gien (Loiret) envoyé spécial
Les responsables du Centre national d'information indépendante sur les déchets (Cniid) ont, une nouvelle fois, failli s'étrangler. Alors que pouvoirs publics, élus locaux et constructeurs juraient la main sur le coeur que l'incident de l'usine d'incinération de Gien-Arrabloy (Loiret) qui a conduit à un rejet de dioxines 6 800 fois supérieur à la norme européenne (Libération du 3 juin 2005) n'avait eu aucune conséquence sur l'environnement, de nouveaux tests viennent de révéler que les «oeufs des volailles élevées en plein air dans un rayon de 5 kilomètres autour de l'incinérateur» étaient devenus impropres à la consommation. Et ce, en raison de leur teneur anormalement élevée en dioxines. «La préfecture parle de multiples facteurs comme l'alimentation donnée aux volailles, les résidus de barbecue ou les cendres de cheminée», relève Jocelyn Peyret, chargé de mission au sein du Cniid. «Cela ressemble plutôt à un inventaire visant à diluer les responsabilités». Des responsabilités, il en fut question dès le mois de mai 2005, date à laquelle le dysfonctionnement de l'usine fut officiellement reconnu par un rapport «discret» du ministère de l'Environnement. Périmètre. Contactés par Libération, les services vétérinaires départementaux ont refusé de préciser les teneurs en dioxine relevées dans les oeufs. S'il n'existe pas d'élevage industriel dans le périmètre touché, la production des poulaillers privés est bel et bien interdite à la consommation. «Les élus du syctom en charge de l'incinération se sont fait mener en bateau de bout en bout, affirme un spécialiste du dossier.» Lorsque, fin 1999, le groupe ABT-Serete, en charge de la construction, reconnaît «ne plus avoir les reins suffisamment solides» pour achever l'usine d'incinération, les élus se retrouvent à négocier un étrange protocole : celui-ci précise que les constructeurs se retirent du projet, se dégagent de toute responsabilité passée présente, et... à venir. En contrepartie, ils laisseront quelque 15 millions de francs de dédommagement. Une broutille au regard des travaux de mise aux normes restant à faire. «Les premières estimations du surcoût qui restera à la charge des contribuables sont édifiantes. Je ne comprends toujours pas comment Jean-Pierre Hustiger, maire de Gien et ancien président du syctom, a pu signer un tel document», s'interroge Sylvie Vauvilliers, conseillère municipale (PC) de Gien et fondatrice du Comité de défense des usagers des services publics du Giennois. Une association de contribuables qui, dès la fin des années 90, avait tiré la sonnette d'alarme. «C'était ça ou nous nous asseyions sur ces 15 millions», rétorque le maire. Semer. Mais quelques mois après leur mise en service et compte tenu de l'absence des travaux nécessaires, les cheminées se sont mises à semer des dioxines à tous vents. «Je trouve formidable que la préfecture et certains élus se soient accordés pour amoindrir les conséquences de ces rejets», poursuit Sylvie Vauvilliers. «A les écouter, notre action se résumerait à un tapage médiatique disproportionné. Hélas, l'histoire nous a donné raison.» Pendant ce temps, la préfecture du Loiret organise sagement ses commissions locales d'information et de surveillance (Clis), peu offusquée que l'on puisse ainsi dépasser de 6 800 fois les maxima autorisés. Même ambiance décontractée à la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) du Centre , où l'on se cache derrière les réglementations en vigueur : «Ces valeurs seront hors la loi à compter du 28 décembre 2005, date d'entrée en vigueur en France des nouvelles normes européennes», explique un agent de la Drire. D'ici là, les habitants sont donc invités à patienter.






